Comprendre l’ARA

Découvrir le fonctionnement de l’audience de règlement amiable et anticiper cette nouvelle voie de résolution des litiges civils.

Procédure civile et règlement amiable

L’ARA : la comprendre avant d’y être convoqué

L’audience de règlement amiable permet de rechercher une issue négociée au cours d’une procédure judiciaire. Elle implique une préparation juridique, relationnelle et stratégique des parties comme de leurs avocats.

Une procédure créée en 2023 et recodifiée en 2025

À sa publication, l’article présentait l’ARA encadrée par les anciens articles 774-1 à 774-4 du Code de procédure civile. Depuis le 1er septembre 2025, ses règles figurent aux articles 1532 à 1532-3. Le contenu ci-dessous distingue clairement le contexte d’origine et le droit applicable au 6 août 2026.

Les particularités de l’ARA

Une audience judiciaire tournée vers la négociation

L’ARA ne se limite pas à rechercher rapidement un compromis. Elle organise un temps spécifique pour confronter les points de vue et travailler les positions, besoins et intérêts respectifs des parties.

Comparaître personnellement

La convocation impose aux parties de comparaître en personne, avec leur avocat lorsque requis.

Explorer les intérêts

L’audience permet de dépasser les seules positions juridiques pour rechercher les besoins réels.

Rester dans le judiciaire

L’ARA intervient pendant l’instance devant un juge distinct de celui appelé à trancher le litige.

L’ARA, c’est quoi ?

De la mission de conciliation du juge à une audience dédiée

En novembre 2023, l’ARA était un nouvel acronyme désignant l’audience de règlement amiable, alors encadrée par les articles 774-1 à 774-4 du Code de procédure civile, entrés en vigueur le 1er novembre 2023.

Rien de totalement nouveau, pouvait-on penser, puisque l’ARA semblait faire renaître l’office de conciliation du juge déjà prévu par l’article 21 du Code de procédure civile. Depuis septembre 2025, cet article indique que le juge doit non seulement concilier les parties, mais aussi déterminer avec elles le mode de résolution le plus adapté.

Les textes consacrés à l’ARA vont cependant plus loin en organisant une véritable audience, avec une comparution personnelle, un juge spécifiquement chargé du règlement amiable et un travail structuré sur les points de vue et les intérêts des parties.

Deux évolutions majeures

Pourquoi l’ARA va plus loin qu’une simple tentative de conciliation

La circulaire du 17 octobre 2023 (JUSC2324682C) indiquait que la mission du juge chargé de l’ARA impliquait, outre l’écoute des parties, de mêler les techniques de conciliation et de médiation.

Compétences relationnelles

Écouter, reformuler et identifier ce qui compte réellement

Cette approche implique, pour les professionnels concernés, d’être formés à l’écoute active, à la reformulation empathique et à l’accueil des émotions. Elle suppose également de savoir identifier les intérêts, besoins, préoccupations, valeurs et moteurs silencieux, parfois désignés par l’acronyme « IPVM ».

La présence physique des clients rend leur préparation essentielle. Il faut aussi pouvoir leur présenter les autres solutions amiables susceptibles d’être évoquées pendant l’audience : la médiation conventionnelle ou judiciaire, la procédure participative et le processus collaboratif.

Cette démarche rejoint l’article 6.1 du Règlement intérieur national de la profession d’avocat et l’article 3.7.1 du Code de déontologie des avocats européens : l’avocat doit rechercher une solution adaptée au coût de l’affaire et conseiller son client, au moment opportun, sur la possibilité d’un accord ou d’un mode alternatif de règlement du litige.

« L’avocat doit essayer à tout moment de trouver une solution au litige du client qui soit appropriée au coût de l’affaire et il doit lui donner, au moment opportun, les conseils quant à l’opportunité de rechercher un accord ou de recourir à des modes alternatifs de règlement des litiges. »

Préparation de l’audience

Quatre repères pour aborder une ARA

L’avocat doit maîtriser le dossier, mais aussi préparer son client à une audience dont la logique diffère d’une plaidoirie classique. L’objectif est d’arriver avec des repères clairs et une réelle capacité de dialogue.

Étape 1

Comprendre

Clarifier le cadre de l’ARA,
le rôle du juge et les
objectifs de l’audience.

Étape 2

Préparer

Identifier les positions,
les besoins et les
intérêts prioritaires.

Étape 3

Dialoguer

Exprimer son point de vue,
écouter l’autre partie et
explorer des options.

Étape 4

Formaliser

Faire constater un accord
total ou partiel et obtenir
un titre exécutoire.

Un temps judiciaire différent

Une audience plus longue qu’un examen classique du dossier

L’audience de règlement amiable s’inscrit dans un temps plus long que celui généralement consacré à l’examen d’un dossier lors d’une audience de plaidoirie.

Dans le dispositif initial, la durée prévisible était d’abord calibrée par le juge saisi du litige, compte tenu des éléments du dossier et de l’avis des parties. Une fois l’ARA engagée, le juge chargé de l’audience restait maître de la gestion de ce temps, tout en veillant au respect de la charte des temps du greffe.

La circulaire de 2023 préconisait de ne pas dépasser une journée. Cette indication constituait une recommandation d’organisation et non une durée maximale inscrite dans le Code de procédure civile.

Il est donc nécessaire que l’avocat arrive parfaitement préparé et qu’il ait, en amont, préparé son client à cette audience d’une nature particulière. L’ARA fait ainsi entrer plus nettement les processus de solutions négociées dans le judiciaire.

Projet présenté en 2023

Une offre de préparation imaginée par trois avocats et formateurs

Conscients de l’intérêt de cette nouvelle figure de la procédure civile, Nadine Rey, Martin Lacour et Xavier Fruton avaient présenté une offre commune destinée aux professionnels confrontés aux premières ARA.

Cette proposition réunissait quatre formats : une formation à la méthode coopérative, la création et l’animation de groupes de la pratique, la supervision ainsi qu’une sous-traitance limitée à la mission d’ARA.

À noter : ces six visuels reproduisent l’offre présentée lors de la publication initiale en 2023. Sa disponibilité et ses modalités actuelles doivent être confirmées directement auprès des professionnels concernés.

Questions fréquentes

L’audience de règlement amiable en pratique

Qu’est-ce qu’une audience de règlement amiable ?
L’ARA est une audience tenue par un juge distinct de celui appelé à trancher le litige. Elle vise une résolution amiable par la confrontation équilibrée des points de vue et l’examen des besoins, positions et intérêts respectifs des parties.
Les parties doivent-elles être présentes personnellement ?
Oui. L’article 1532-2 précise que les parties doivent comparaître en personne. Elles sont assistées par leur avocat lorsque la représentation est obligatoire et peuvent l’être dans les autres cas selon les règles applicables.
L’ARA est-elle une médiation ?
Non. Il s’agit d’une audience judiciaire conduite par un juge. Elle mobilise cependant certaines techniques de conciliation et de médiation afin de favoriser une résolution négociée du différend.
Que se passe-t-il si les parties trouvent un accord ?
Elles peuvent demander au juge chargé de l’ARA de constater leur accord total ou partiel. Les extraits du procès-verbal établis dans les conditions prévues par le Code peuvent valoir titre exécutoire.
Combien de temps dure une ARA ?
La durée dépend du dossier et des modalités fixées par le juge. La circulaire de 2023 recommandait de ne pas dépasser une journée, mais cette indication ne constitue pas une durée maximale légale inscrite dans le Code.
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